Marc Noelanders travaille le Taxus depuis 35 ans et a probablement une expérience de 3500 sujets passés entre ses mains ;

« Le Taxus est un genre de conifères de la famille des Taxacées qui comprend une dizaine d’espèces généralement nommées ifs.
Il fait partie des rares gymnospermes non résineux. Les botanistes le classent dans l’ordre des taxales, alors que les résineux ou conifères correspondent à celui des pinales. En outre, ce genre se distingue de la plupart des conifères par le fait que la graine n’est pas contenue dans un cône ligneux mais dans un arille.
La racine indo-européenne tecs signifie « travailler habilement » en référence au bois de l’if facile à sculpter et dont les qualités d’élasticité en faisaient le bois utilisé dans la confection d’armes de trait ou de jet  »
(Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Taxus )

L’arbre qu’il va travailler aujourd’hui est âgé de 44 ans et mesurait environ 4 mètres lorsqu’il l’acheté il y a 4 ans . Il a passé 3 ans en terre chez lui,  puis 1 an dans un pot de culture.

Le but de la démonstration est de créer un pré-bonsaï

La face avant :

L’arbre l’a séduit en pépinière par la forme de son tronc et le nébari déjà présent.

Comme il nous le répète à chaque occasion , le choix de la face avant est déterminant , cela représente au moins 60% dans le succès d’un bonsaï. Il faut mettre vers l’avant les points positifs de l’arbre.

Le sommet de l’arbre regarde vers la branche principale, voici à quoi ressemblera l’arbre en fin de session:

Le nettoyage :

Après le choix de la face avant, le premier travail est de commencer par nettoyer en coupant les pousses ou les branches inutiles . Bien penser qu’il est plus facile de ramener les branches arrières vers l’avant si nécessaire que de reporter des branches avant vers l’arrière.

Ce nettoyage permet une bien meilleure vue

Accentuer tous les points positifs.
Tout ce qui est trop droit est coupé.
Certains Jins seront utilisés ensuite comme points d’attache pour la ligature:

remarque: Le taxus et le Jinepirus peuvent être taillés toute l’année

 

Découpe du shari

Après le nettoyage , Marc s’occupe du shari, en commençant par un dessin à la craie de la partie qui va être mise à nu.

Le travail se fait avec une sorte de « couteau suisse bonsaï »

Il va ensuite utiliser un outil électrique Dremel fraise , puis brosse métallique pour accenteur l’effet et le vieillissement.

Ce travail se fait avant la ligature pour bénéficier de l’espace libre.

 

Ligature :

 

Marc Noelanders a étudié la ligature auprès de grands maîtres japonais et la pratique depuis une trentaine d’années . C’est la phase la plus besogneuse du travail du bonsaï, mais elle est incontournable pour mettre l’arbre en forme.

Il faut choisir la première puis la deuxième branche.

On convient , en général que le diamètre du fil de ligature est +/- un tiers du diamètre de la branche, mais un petit truc pour vérifier la pertinence de votre choix : avec un morceau du fil choisi, pousser sur la branche ; si la branche plie , le fil est suffisant, si le fil plie c’est qu’il est trop petit en diamètre.

Pour plier fortement certaines branches Marc utilise le haubanage , pour se faire il convient d’utiliser un fil de cuivre qui est plus solide que les fils de ligature en aluminium.

Pour les branches fines, Marc utilise des fils très longs qu’il ne coupe qu’à une extrémité à chaque fois , ceci permet d’économiser du fil.

On ligature en guidant le fil avec l’index, l’autre main sert à guider et écarter la branche et le feuillage.

La ligature doit commencer par les branches du bas car ce sont les plus délicates à mettre en forme.

En cours de travail Marc Noelanders est passé sur une deuxième table plus basse pour ligaturer le haut de l’arbre ( ici un grand sujet) pour un travail ergonomique la hauteur des mains doit se situer entre la ceinture et les épaules.

Le travail est terminé pour cette étape, nous avons assisté à la naissance d’un pré-bonsaï .

Quand il sera devenu un vrai bonsaï , il sera installé dans un pot ovale.